L’instrument traditionnel est la GALETOIRE : porte aussi le nom selon la région
de galetière, pilig, bilig, tuile. Grande plaque circulaire en tôle ou mieux en fonte épaisse où
la pâte est étalée pour sa cuisson.
LE RATEAU :
La rozell une simple raclette en bois permet de répartir régulièrement la pâte sur le bilig
dans un mouvement circulaire.
LA LATTE DE BOIS :
Ou spanell qui permet de décoller les crêpes de la plaque et de les retourner aisément afin
de cuire l’autre face.
LA TERRINE :
A l’origine en grès épais dans laquelle on bat, on lisse et on élabore la pâte à crêpes.
LA HUECHE :
Une claie de bois que l’on recouvre d’un torchon épais afin d’y empiler les crêpes, le
torchon est destiné à absorber l’excédent de la vapeur de cuisson.
CONSERVATION DES CRÊPES :
Il est préférable de manger les crêpes le jour même de leur confection ou de les envelopper
dans du papier film ou à l’ancienne, dans un torchon très légèrement humide.
La pâte, elle, doit être utilisée dans les meilleurs délais.
LA PÂTE A CRÊPE :
500 g. de farine de blé noir.
50 g. de farine de froment.
Ajouter 2 œufs, du sel et de l’eau.
Avec la farine le sel et l’eau, on prépare une pâte consistante à laquelle on incorpore les
œufs. En ajoutant de l’eau on rend progressivement cette pâte plus liquide, jusqu’à devenir à
la fois onctueuse, consistante et coulante. On utilise pour ce faire une grande terrine et une
cuiller de bois. On laisse alors reposer pendant quatre ou cinq heures, ce qui implique,
pour le repas de midi, que la pâte soit confectionnée le matin avant huit heures.
PREPARATION DES CRÊPES :
Graisser la galetoire à l’aide (le fin du fin) du lard gras que l’on frotte sur la plaque
afin d’empêcher la pâte d’y coller.
Lorsque la galetoire est bien chaude, prendre à la louche la quantité de pâte nécessaire pour
réaliser une crêpe de la taille de l’ustensile de cuisson employé poêle ou galetoire. Verser au
centre le contenu de la louche, puis l’étendre rapidement à l’aide du rozell, râteau.
Faire cuire la crêpe environ 2 à 3 minutes prendre la spanell pour décoller les bords puis
le centre et la retourner : la beurrer en parsemant de petits morceaux de beurre sa face
supérieure.
Après chaque crêpe on graisse le bilig avec un frottoué un chiffon humecté de bon
saindoux, ou le lard gras, peu importe pourvu qu’il permette d’enduire la plaque.
Et on déguste une crêpe krasée. (croustillante)
Les crêpes sont traditionnellement servies avec des bolées de cidre ou du lait
« ribot » (lait fermenté.)
Pour la préparation des crêpes faute du bilig on utilisera une grande poêle à griller en
fonte épaisse, large et à bord bas.
Vous pouvez accompagner vos crêpes en les garnissant d’œuf, jambon et de gruyère râpé.
L’œuf doit être cassé en bordure du galetier et « touillé » avec la palette de
bois. Ou encore comme à St Brieuc, notamment à l’occasion de la foire de la St Michel en octobre
avec de la saucisse chaude.
Un repas bon marché qui nous plonge totalement dans le climat, si typique de la Bretagne
traditionnelle.